Comme vous avez certainement dû en entendre parler en France, ça chauffe en ce moment en Afrique du Sud quand on est étranger. La cause de ce problème réside dans le taux de chômage : il est ici de 25%. Les révoltes se font contre les étrangers car les populations considères qu'ils se font prendre leurs emplois par les immigrés, réfugiés politiques ou autres !
Pour l'instant, je ne me sens pas trop concernée par ce problème, et je ne me sens pas moins en insécurité qu'avant ! Mais il est vrai que dès que j'ouvre la bouche, tout le monde sait que je ne suis pas du pays. Donc en ce moment, nos soirées à l'extérieure sont écourtées, voire annulées ! et on fais plus attention qu'avant ! Mais pour l'instant tout va bien pour moi, soyez rassurés...
Donc voici un article trouvé sur internet qui explique tous cela.
JOHANNESBOURG (AFP) - Les violences xénophobes des deux dernières semaines ont fait au moins 50 morts en
Afrique du Sud, la plupart dans la région de Johannesburg où se sont concentrées les attaques, a indiqué dimanche la police.
Quelque 10.000 immigrés se sont réfugiés dans des camps de fortune du Cap, a indiqué dimanche à l'AFP le porte-parole de la municipalité, portant à plus de 35.000 le nombre total de déplacés en raison des violences xénophobes qui ravagent les townships d'Afrique du Sud.
"Nous estimons à 10.000 personnes le nombre de déplacés dans la municipalité du Cap", a déclaré à l'AFP le porte-parole, Pieter Cronje. "La municipalité du Cap distribue une aide à 8.700 d'entre eux, en collaboration avec d'autres agences d'aide humanitaire. 1.300 personnes supplémentaires se sont réfugiées auprès des églises", a-t-il dit. La Croix Rouge avait indiqué la veille fournir une assistance à plus de 25.000 déplacés, essentiellement à Johannesburg mais aussi à Pretoria.
Des immigrés ont fui les violences xénophobes qui ravagent les townships d'Afrique du Sud et s'entassent dans des centres d'accueil provisoires, exposés à de mauvaises conditions sanitaires et au froid de l'hiver austral. La situation s'est détériorée depuis que les violences se sont étendues à Durban et au Cap" ces derniers jours, a dit Françoise Le Goff, directrice du CICR pour l'Afrique australe.
Les violences, qui ont ravagé les townships de Johannesburg, puis se sont étendues à Durban (est), grand port de l'océan Indien, et au Cap (sud-ouest), haut-lieu touristique et siège du Parlement, ont désormais gagné sept des neuf provinces du pays. Au moins 50 personnes ont été tuées et des centaines blessées, tandis que des milliers d'étrangers ont choisi la route du retour. La police a procédé à plus de 500 arrestations.
Même si les incidents sont désormais moins nombreux, grâce à un impressionnant déploiement de la police et de l'armée, les déplacés continuent d'affluer dans des camps de fortune, souvent proches des commissariats. Des milliers doivent dormir dehors, par des températures proches de zéro la nuit.
"Nous enregistrons moins de cas de blessures dues aux violence, mais de plus en plus de cas de maladies liées au froid et aux mauvaises conditions sanitaires", notamment des infections respiratoires et des diarrhées, a indiqué la directrice de Médecins sans Frontières en Afrique du Sud, Muriel Cornelius.
La nuit de vendredi à samedi a été relativement calme à Johannesburg, où l'armée a été déployée, mais un homme a été tué par des militaires dans la banlieue minière de l'est de la ville.
"Nous avons malheureusement eu un incident lorsqu'un membre de la population s'est fait tirer dessus alors qu'il pointait une arme à feu contre un soldat. Il a été tué par balles", a déclaré ce porte-parole de l'armée, le général Kwena Mangope.
Le déploiement militaire, décidé jeudi pour la première fois depuis la fin du régime d'aparheid en 1994, rappelle paradoxalement l'époque où le régime ségrégationniste avait recours à l'armée pour réprimer les émeutes des Noirs.
La police et les services du procureur général ont annoncé vendredi des mesures exceptionnelles pour traiter "rapidement et sévèrement" les cas de violence et envisagent la création de tribunaux spécialisés.
L'organisation de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch a appelé le gouvernement à "protéger les victimes pour garantir la justice" en s'assurant que les immigrés, dont la plupart sont sans papiers, puissent témoigner. Les étrangers, dont trois millions de Zimbabwéens ayant fui la crise dans leur pays, sont accusés de prendre des emplois et de contribuer à la criminalité dans un pays où le chômage et l'extrême pauvreté touchent quelque 40% de la population.
L'Afrique du Sud a pour la première fois vendredi présenté ses excuses pour ces attaques, par la voix de sa vice-présidente Phumzile Mlambo-Ngcuka, en visite au Nigeria: "Nous sommes très inquiets et nous présentons nos excuses pour tous les désagréments que ces incidents ont causé".
Dans les pays voisins, dont certains mettent en place des structures d'accueil pour leurs ressortissants fuyant les violences, la crainte de représailles contre les intérêts sud-africains monte. Ainsi, à Maputo, la police a-t-elle été déployée devant l'ambassade d'Afrique du Sud.
Ces violences, qui ternissent l'image de la "Nation Arc-en-Ciel" rêvée par le héros de la lutte anti-apartheid et ex président Nelson Mandela, portent aussi préjudice à la réputation de stabilité de la première puissance économique d'Afrique.