mercredi 28 mai 2008

Ca se calme...

http://fr.news.yahoo.com/afp/20080528/twl-afsud-violences-immigration-xenophob-4bdc673.html

JOHANNESBURG (AFP) - Le gouvernement sud-africain discutait mercredi d'un plan d'action pour secourir les dizaines de milliers d'immigrés qui, effrayés par les violences xénophobes, se sont regroupés dans des camps de fortune aux conditions "inacceptables".

"La réunion (hebdomadaire) du cabinet portera sur tout ce qui est lié à la violence contre les immigrés. Nous annoncerons nos décisions demain (jeudi)", a indiqué le porte-parole du gouvernement Themba Maseko avant le début de la rencontre, sans donner plus de détails.

Selon la radio publique SAFM, le gouvernement envisage d'ouvrir sept camps temporaires pour les quelque 30.000 étrangers qui se sont mis à l'abri dans des centres communautaires après deux semaines d'attaques ciblées.

Les violences, qui ont débuté le 11 mai dans un quartier pauvre de Johannesburg avant de se propager aux autres provinces, ont fait 56 morts et des centaines de blessés.

La situation s'est progressivement apaisée à la fin de la semaine dernière et le calme semblait durer mercredi dans les townships du pays, "aucun incident majeur" n'ayant été relevé au cours des dernières 24 heures, selon la porte-parole de la police Sally de Beer.

Des dizaines de milliers d'étrangers sont rentrés dans leur pays. Mais d'autres -- notamment les Zimbabwéens dont le pays vit sous tension depuis les élections du 29 mars -- hésitent à quitter les abris provisoires.

"Les abris actuels présentent des risques de santé, des risques variés. Il est très urgent de reloger les gens dans des endroits en dur, plus sécurisés et avec des sanitaires", a déclaré la directrice de la Fédération internationale de la Croix Rouge pour l'Afrique australe, Françoise Le Goff.

Pour elle, cette solution "de court-terme" doit permettre d'étudier au cas par cas les dossiers des étrangers pour trouver des solutions en fonction de leur statut (réfugié, immigré légal ou illégal).

Muriel Cornelius, directrice des programmes pour l'Afrique du Sud de l'organisation humanitaire Médecins sans frontières (MSF) juge également "inacceptable que les déplacés n'aient pas accès à des toilettes, à l'eau courante et qu'ils soient dans le froid".

Dans ces "camps" improvisés, les étrangers doivent souvent se contenter d'une tente, alors que les températures nocturnes sont proches de zéro en ce début d'hiver austral. Et "il y a encore des gens qui dorment à la belle étoile", souligne Muriel Cornelius.

Seules quelques latrines portatives, dans un état déplorable en raison d'une surutilisation, sont disponibles et MSF a noté des cas "de diahrrées et d'infections respiratoires". "Pour le moment, sur le plan de la Santé, la situation est encore sous contrôle, mais nous sommes inquiets pour la suite", a déclaré Mme Cornelius.

Les associations insistent également sur l'importance d'effectuer un travail de fonds dans les bidonvilles pour permettre la réintégration des immigrés.

"Il faut travailler sur l'accueil des étrangers, leurs conditions de vie, leur intégration avec les sud-Africains", conseille notamment Françoise Le Goff.

Les Sud-Africains pauvres, qui représentent plus de 40% de la population, sont en concurrence pour l'emploi et l'accès aux ressources avec au moins quatre millions d'étrangers, attirés par la puissance de la première économie du continent.

Les tensions palpables depuis des mois se sont enflammées en mai et des groupes de Sud-Africains ont effectué une véritable chasse à l'homme dans les townships, brûlant de nombreuses masures et plus de 300 échoppes détenues par des étrangers.

Le Nigeria a annoncé mardi soir qu'il allait demander des dédommagements de la part du gouvernement sud-africain pour les violences qu'ont subies ses ressortissants au cours de la crise.

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